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Vitiligo [FR]

Le service de Dermatologie prend en charge depuis de nombreuses années les patients atteints d’un vitiligo. Cette activité dédiée a été développée par le Dr Yvon Gauthier sur le plan clinique et recherche. Actuellement, le vitiligo est intégré dans les pathologies identifiées de façon prioritaire au sein du Centre de Référence des Maladies Rares de la Peau (CRMRP) de Bordeaux. Cette priorité apparaît nécessaire en raison du peu de services en France ou à l’étranger offrant une prise en charge complète, clinique et de recherche d’une part, mais aussi médicale et chirurgicale (greffe de mélanocytes) d’autre part pour cette maladie particulière.

Le vitiligo est une dermatose affichante et handicapante sur le plan social et professionnel. Ainsi, cela demande une expérience clinique de la part du dermatologue mais aussi une prise en considération des difficultés psychologiques engendrées. La consultation auprès d’un patient atteint de vitiligo est donc une consultation longue qui est un temps d’écoute, d’échange, d’explications sur la maladie. Ce temps est nécessaire à la bonne compréhension des interlocuteurs, compréhension de la maladie par le patient qui est une garantie de la bonne application des conseils et traitements, mais aussi compréhension par le médecin de la douleur morale des patients face aux difficultés engendrées par leur maladie. En effet, la demande des patients devant cette dermatose affichante et handicapante est très importante.

Notre centre développe donc une prise en charge adaptée des patients souffrant d’un vitiligo. Par ailleurs, le Centre de Référence des Maladies Rares de la Peau se compose d’une unité de recherche fondamentale avec une thématique forte sur le vitiligo (INSERM U1035).


Présentation de la maladie.

Le vitiligo est une maladie dermatologique dépigmentante ou hypochromiante. Sa fréquence est estimée à 0,5% de la population générale sans prédominance de sexe ou de race. Son origine reste mal connue (Taïeb et Picardo 2009). Cette maladie est le plus souvent acquise, c’est à dire non transmise génétiquement, bien qu’il existe un risque familial clairement identifié dans des études récentes. Différentes théories ont été proposées depuis plusieurs années : origine immunitaire, neurologique, génétique, cytotoxique. Le vitiligo s’associe de façon préférentielle à certaines maladies auto-immunes ou auto-inflammatoires : thyroïdite, anémie pernicieuse, Maladie d’Addison.  L’extension de la maladie est très variable, depuis des formes localisées de très faible étendue aux formes plus importantes dans lesquelles l’ensemble de la peau peut être dépigmentée.

Il est important de faire un diagnostic précis de la maladie, et d’estimer son pronostic. Le groupe de travail européen sur le vitiligo a publié un consensus à ce sujet (Taïeb et Picardo, 2007) . La communauté dermatologique sépare cette maladie en 2 entités : le vitiligo segmentaire d’un côté et le vitiligo généralisé ou non-segmentaire d’un autre côté. Cette distinction est importante car le traitement de l’une ou l’autre forme n’est pas le même.


Vitiligo généralisé ou non-segmentaire.

Image Le vitiligo généralisé est la forme la plus fréquente. L’extension de la maladie est très variable et « généralisé » ne signifie pas forcément étendu. Les lésions apparaissent sous formes de plaques achromiques, dépigmentées, bilatérales sur le corps, parfois symétriques. L’age de début est très variable. L’extension est imprévisible, ainsi l’atteinte peut rester localisée pendant de nombreuses années ou s’étendre plus ou moins rapidement à différentes zones du corps. L’examen des lésions à l’aide de la lampe à ultra-violets de Wood est un outil précieux pour l’appréciation de l’évolutivité de la maladie. Les frottements sont un facteur aggravant maintenant reconnu (Gauthier et al. Br J Dermatol 2003). Les conseils de prévention de ces frottements sont donc importants et doivent être bien compris du patient.

Les traitements actuellement disponibles pour cette forme de vitiligo ont une efficacité variable. Le plus ancien et le plus utilisé est la photothérapie naturelle ou artificielle. Cela consiste en l’exposition des lésions à des doses progressivement croissantes d’ultra-violets naturels ou en cabine. Cette exposition doit être contrôlée et adaptée selon la réponse clinique. De nombreux autres traitements existent avec des validations médicales variables. La plupart ne font pas l’objet d’études contrôlées de bonne qualité. Les traitements vitaminiques anti-oxydants et à base d’oligo-éléments sont très utilisés (Vitamine B12, acide folique, manganèse, magnésium, sélénium) mais d'efficacité non démontrée. Les traitements qui peuvent donner des résultats sont : ultra-violets B (UVB) à spectre étroit en cabine corps entier ou ciblé sur les lésions (laser ou lampe excimer), et les dermocorticoïdes ou le tacrolimus local associé ou non à la photothérapie naturelle ou artificielle. Dans certains cas, un traitement chirurgical peut être réalisé. Dans le vitiligo généralisé, la greffe de mélanocytes ne sera réalisée que lorsque la maladie est stabilisée depuis au moins 6 à 12 mois et pour des zones affichantes (visage, mains, jambes, bras) et peu étendues (<50cm²).


Vitiligo segmentaire.

Le vitiligo segmentaire est une entité à part. Il s’agit d’une forme très localisée de vitiligo se développant plus souvent chez l’enfant ou l’adulte jeune. La maladie n’atteint qu’une zone limitée du tégument, qui suit le plus souvent le territoire segment de formation de la peau ou d’un nerf sensitif cutané. Cette dernière topographie expliquerait la théorie traumatique neurologique avancée par certains. En effet, il est parfois retrouvé une histoire de traumatisme à proximité du nerf dans le territoire duquel apparaît secondairement le vitiligo. Cette forme se développe rapidement en quelques semaines ou mois, puis reste stable sans autre évolution à distance. Bien souvent, la perte mélanocytaire est totale et définitive ce qui explique l’échec des traitements médicaux usuels cités ci-dessus. Par contre, cette forme est une bonne indication de traitement chirurgical par greffe lorsque la gêne esthétique est importante et chez un enfant en âge de donner son avis (Taïeb et Gauthier, 2006). Les traitements par lasers excimer ou hélium-néon sont parfois intéressants dans cette forme.


Fiche traitement du vitiligo

Notre service, sous l’impulsion du Dr Gauthier, a mis en place une prise en charge médico-chirurgicale complète, incluant des ateliers de maquillage permettant d'expliquer les techniques de camouflage. Les conseils pratiques, ainsi que les traitements par photothérapie et greffe mélanocytaire sont présentés sous forme de fiche thérapeutique.

- Fiche conseil de prévention

- La greffe mélanocytaire

- La photothérapie (UV) dans le vitiligo


PUBLICATION LIVRE ENFANT new

livre vitiligo enfantUne histoire sur le vitiligo "Blanc comme…"

De Emilie François et Thomas Dityvon


Un livre qui s’adresse aux enfants atteints du vitiligo, à leur famille et à tous ceux qui sont curieux et se posent des questions.

Ulysse fait sa rentrée dans une nouvelle école. Mais rien n’est facile quand on a un secret qui nous empêche d’aller vers les autres et d’être soi-même…

L’ouvrage est disponible dans les consultations pédiatriques au CHU de Bordeaux (Hôpital Saint André et hôpital Pellegrin) ainsi qu’à l’association française du vitiligo (11, rue de Clichy, 75009 Paris)

Cet ouvrage est né sur la volonté du Professeur Julien Seneschal, dermatologue à l’hôpital Saint André de Bordeaux et le soutien financier du laboratoire et de la Fondation Bioderma.

 


Publications 

Ezzedine K, Lim HW, Suzuki T, Katayama I, Hamzavi I, Lan CC, Goh BK, Anbar T, Silva de Castro C, Lee AY, Parsad D, van Geel N, Le Poole IC, Oiso N, Benzekri L, Spritz R, Gauthier Y, Hann SK, Picardo M, Taieb A ; on behalf of the Vitiligo Global Issue Consensus Conference panelists. Revised classification/nomenclature of vitiligo and related issues: the Vitiligo Global Issues Consensus Conference. Pigment Cell Melanoma Res. 2012 May;25(3):E1-E13.

Picardo, Mauro; Taïeb, Alain (Eds.) Vitiligo. 2010, XVIII, 486 p. 161 illus., 144 in color., Hardcover

Taïeb A, Picardo M. Clinical practice. Vitiligo. N Engl J Med 2009 Jan 8;360(2):160-9.

Taieb A, Picardo M ; VETF Members. The definition and assessment of vitiligo: a consensus report of the Vitiligo European Task Force. Pigment Cell Res. 2007 Feb;20(1):27-35.


Liens

Le service travaille en étroite collaboration avec l’Association Française du Vitiligo et les autres associations de malades dans le monde qui sont les partenaires du Special Interest group on Vitiligo de la fédération internationale des sociétés des cellules pigmentaires (IFPCS) . Ce groupe organise des réunions internationales (Washington, 2005, Sapporo 2008, Bordeaux 2011 , Singapour 2014) pour confronter les expériences des chercheurs, dermatologues et patients, afin d’améliorer la compréhension de la maladie et, en parallèle, ses traitements.

Vitiligo European Task Force (VETF)  - Fédération internationale des sociétés des cellules pigmentaires (IFPCS)
Association Française du Vitiligo (F)
Vitiligo Support International (USA)
The Vitiligo Society (UK) 
Revue "Pigment Cell and Melanoma Research" virtual issue on vitiligo (Blackwell)


Publication Figaro 24 octobre 2016 : "Troubles pigmentaires : des nouvelles solutions en vue"

Vitiligo : optimiser le parcours de soin : Vendredi 14 octobre 2016 : compte-rendu sur le site de l'AFV

Rencontre avec l'association française du vitiligo à Bordeaux, le 30 avril 2015 


 

Coordonnées du service

Le service de dermatologie et dermatologie pédiatrique du CHU de Bordeaux est situé sur deux établissements:

  • L’HÔPITAL SAINT ANDRE
    en centre ville, accueille toutes les activités adultes de consultation et d’hospitalisation.
    CHU Bordeaux , plan d’accès

  • L’HÔPITAL DES ENFANTS
    à proximité du tripode, sur le site Pellegrin (proche du stade Chaban Delmas),
    prend en charge les maladies de peau du nouveau né à l’adolescent (15 ans).
    CHU Bordeaux , plan d’accès

 

 
 
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